Fragments d'Hadrien (2009-2012)
Opéra de chambre en 4 parties.
pour baryton et pianiste (piano et clavier MIDI)
Création le 12 janvier 2014 à la Schola Cantorum (Paris)
Patrick Radelet (baryton)
Sophie Rives (claviers).
Écrire un opéra en 2010 !
En 2009, après avoir composé plusieurs pièces purement instrumentales les années précédentes, j’ai eu besoin de retrouver les mots et la voix.
Il s’y mêlait le désir de dire des émotions, des sentiments, de raconter une "histoire".
J’ai travaillé à la composition de "Fragments d’Hadrien" de juillet 2009 à septembre 2012 : chercher un texte, l’adapter, écrire deux ou trois fois les 18 pièces, enfin, reprendre l’ensemble pour l’unifier et achever les parties électroniques.
L’élaboration du texte
J‘ai d’abord cherché parmi les auteurs contemporains puis je me suis tourné vers l’Antiquité. Enfin, j’ai relu "Mémoires d’Hadrien" de Marguerite Yourcenar. Ce que l’empereur dit de sa relation avec Antinoüs et comment il parle de la disparition de l’être aimé correspondait à ce que je cherchais.
Après avoir assemblé les fragments du livre centrés sur la relation d’Hadrien et d’Antinoüs, la progression dramatique m’ est apparue très forte. L’idée d’un opéra est devenue évidente.
J’ai alors ajouté d’autres fragments pour situer les évènements et donner de la profondeur au personnage de l’empereur narrateur ; le rendre vivant et incarné, un peu stoïcien, assez superstitieux, possessif, dominateur, idolâtre et négligent…
"Fragments d’Hadrien" se déroule en quatre parties :
L’intervention d’un chœur qui aurait chanté des poèmes antiques ou contemporains a été envisagée un moment puis abandonnée ; de même, l’évocation de Plotine (femme de Trajan, prédécesseur d’Hadrien) figure féminine bienveillante.
Je désirais garder un récit dense et concentré ; Introduire un troisième personnage aurait nécessité de lui donner de l’existence et donc d’allonger la durée de l’œuvre.
Ne reste qu’Hadrien… seul, retiré dans sa Villa Adriana, lieu de mémoire.
Il ressasse ses souvenirs et contemple les statues d’Antinoüs, attendant sa propre mort…`
La voix de baryton s'impose…
L’écriture musicale :
Pour tendre une œuvre musicale sur une durée d’une heure environ, la seule force du texte littéraire ne me suffisait pas, j’ai eu recours à des éléments musicaux structurants.
Ce sont des inflexions mélodiques, des rythmes, des structures harmoniques utilisées verticalement ou horizontalement.
Certains de ces éléments qui parcourent toute la pièce sont associés à Hadrien ou à l’évocation d’Antinoüs :
Le piano est très présent :
Le piano stimule d’autre part le déroulement temporel, il donne des carrures, des structures rythmiques, souligne les cadences du texte…
Il soutient d’autres fois le chant aussi sobrement que lors d’un récitatif classique.
Les deux instruments sont deux individus distincts, ils jouent parfois des parties très différentes, à des vitesses autonomes, contrepoint temporel.
Ce que la version de concert ne montre pas :
L’action se déroule dans l’esprit de cet homme qui se sait mourant. Il n’y a qu’un seul personnage physique mais la présence du fantôme qui le hante est très forte.
J’ai composé "Fragments d’Hadrien" en imaginant que des images, des éléments narratifs, danseurs, mimes… accompagneraient la musique, évoqueraient les souvenirs d’Hadrien.